Les recherches décrites dans ce mémoire ont permis au Professeur ROTHAUS de mettre au point un système prédictif de sites archéologiques grâce à l'intégration des résultats de la classification du paysage au système d'informations géographiques déjà mis en place.
De plus, ce rapport n'est qu'un introduction à des recherches plus approfondies en matière de géomorphologie. En effet, peu d'études ont été menées sur notre secteur d'étude, laissant ainsi une vaste champ de recherches vierge. Plusieurs questions sont restées en suspens dans l'explication du paysage. Une chronologie plus précise des épisodes de formation du paysage est manquante ainsi qu'une vérification des hypothèses posées sur la mise en place de la moraine Mille Lacs. En répondant à cette question, nous pourrions mettre en évidence l'histoire hydrologique de notre secteur.
L'intégration de nouveaux résultats issus de l'approfondissement des recherches effectuées au sein du système d'informations géographiques pourrait mettre en évidence de nouvelles facettes des relations décrites entre l'homme et son milieu, ainsi que l'amélioration du système prédictif développé par le Professeur ROTHAUS.
Grâce à cette année d'initiation à la recherche, j'ai découvert un nouveau paysage, un nouvel espace, un autre milieu au mode de pensée totalement différent. Encore une fois, j'ai pu remarquer le rôle prépondérant joué par l'homme dans le modelage du paysage. Le Minnesota, très marqué par les glaciations, est depuis longtemps peuplé par l'homme, ce qui explique le fait que le paysage nous apparaisse totalement naturel alors que, dès son implantation, l'homme a modifié à son gré le milieu naturel.
Ce travail d'étude paléo-environnementale et géo-archéologique, m'a permis de me familiariser avec le travail par changement d'échelle, d'envisager la recherche géographique sous un angle plus large. La recherche géo-archéologique est passionnante et demande des efforts d'ouvertures d'esprit, d'intégration de nombreux phénomènes totalement subjectifs comme la beauté du site.
En effet, par expérience personnelle, le parc d'état de Kathio est quasi-invivable. Les conditions climatiques sont rudes, la faune d'insectes est très présente au printemps et en été, et cela sans commune mesure avec les forêts européennes. Néanmoins, on se prend à aimer ce parc juste pour sa beauté, la tranquillité qui se dégage. Une relation étrange se fait ressentir entre l'homme et le milieu. On se sent en confiance. Il est très difficile de parler de ce genre de sentiments mais il semble important de signaler ici le rôle joué par ce critère peu-scientifique qui ne rentre pas en compte dans la détermination du potentiel archéologique. On peut poser la question suivante : Pourquoi tous les groupes culturels sans exception se sont installés aux mêmes endroits ? Les raison politiques et de besoins exposés dans ce rapport sont logiques. Une autre raison doit, au sein de ces quelques lignes, apparaître.
Les lieux choisis pour s'implanter sont les plus beaux. Le mélange des vues, les différents horizons offerts à l'oeil, la proximité de la rivière. Je crois que le choix réside là pour l'amérindien qui arrive le premier sur un site vierge. Ce choix est moins évident pour l'euro-américain qui arrive après la coupe à blanc du secteur.
J'ai développé dans ce mémoire des raisons qui font parties de l'inconscient. La beauté est-elle alors un critère prioritaire ? Je ne le crois pas non-plus. Nous avons à faire à un ensemble de raisons qui interagissent. A possibilités offertes équivalentes, le site choisi sera le plus beau. Je pense que ce critère n'est peut-être pas si subjectif qu'il n'y paraît, puisque la majorité des personnes d'une même culture aiment les mêmes types de paysages.